Lundi 17 mars 2008
Il fut une époque, proche de nous, où il était de bon ton de parler de mort des idéologies. C'est encore, hélas, le cas. Mais de quelle idéologie parle-t-on ? En effet, depuis quelques années, les idéologies, notamment marxisantes, font de leurs décombres leur fierté. La fierté de l'idéologie libérale, elle, n'est pas sous les décombres. Les cas concrets se multiplient qui n'ont de sens que pour les idéologues libéraux qui n'ont pas finis de sévir. Pour preuve, au-delà des petits affairismes de chacun, se développe une précarisation générale de la société.
La valeur travail est sans cesse dévalorisée par la baisse régulière des salaires en valeur réelle et l'on veut nous faire croire que les français n'ont plus le goût du travail. Mais à quel prix et dans quelles conditions ? Combien de temps encore avant de voir nos espérances se réaliser ? Nous vivons de peu mais il n'est pas venu le temps d'être modérés, et nos espérances sont folles, au-delà de l'espoir même. Rien ne s'est fait de beau sans qu'un jour un homme, une femme ne rêvent de jours meilleurs, de soleil, de verdure et d'espoirs fous, irréalisables. Nous les réaliserons. Par un combat acharné contre les tenants d'une idéologie qui elle aussi à fait sont temps : le libéralisme sauvage.
           Il est urgent que se réveillent nos vieilles et saines utopies, nos rêves, nos idéologies. Car en face, point de répits, point de poses. La guerre est là, s’installe. Et pour longtemps. Nous en serons les victimes prochaines si nous ne réagissons pas. Il est urgent d’agir. Ici s’impose la militance, les défilés sous la pluie, le soleil ou la neige. Nous allons devoir nous battre. Contre ces idéologues, contre ces idéalistes. Avec nos rêves et nos idéologies. Car elles ne sont pas mortes, souvenez-vous, elles ne font que sommeiller en attendant qu’on les secoue un peu, qu’on les réveille. Oui, il n’est d’autres espoirs de se sauver hors le fait de faire brusquement renaître ce que l’on croyait définitivement enterré : nos rêves d’impossible. Nos rêves jugés impossibles.
par Lionel DEGOUY publié dans : Humeur communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Vendredi 7 mars 2008
J’ai du tomber malade : j’ai cessé de me battre. Soudain. A la victoire de Sarkozy. J’ai décidé brutalement que plus rien ne servirait à quelque chose. Mes combats, l’ensemble de mes combats, me parurent inutiles : nous étions bien dans un pays qui voulait du répressif, de la connerie. Dans un pays qui acceptait tout. Qui acceptait les lois liberticides, la violence des adultes sur les enfants et, d’une façon générale, les plus fragiles d’entre nous. Un pays qui acceptait que les personnes handicapées payent la franchise médicale – vérifiez ! – un pays qui était convaincu qu’il valait mieux deux innocents en prisons qu’un coupable en liberté. Un pays mort, en vérité.
            Les vieux votent comme ils le souhaitent, il n’est guère facile de leur retirer le droit de voter. Pourtant c’est bien la haine de tout ce que représente la jeunesse qui fait que nous avons un président si peu enclin à écouter le message des plus démunis, mais bien plutôt des industriels, cons comme la mort, les financiers, encore plus cons, pour leur donner ce qu’ils souhaitent : la déstructurations des liens sociaux, le démontage des acquis que notre civilisation devrait offrir de plus logique. J’entends la retraite à cinquante-cinq ans, des études pour tous, à chaque étape de la vie, sans oublier des hôpitaux dignes de notre époque, des écoles avec de nombreux adultes pour soutenir l’attention nécessaire à des adolescents en « voie de dérapage », mais aussi des cours de rattrapage à qui le souhaite. N’oublions pas bien sûr le renforcement de personnes compétentes dans les domaines de la garde à domicile, de la culture, des médias – ici le cas serait à approfondir, tant le sujet est vaste et complexe, mais toutefois pas incompréhensible – de la police présente autrement que pour distribuer des baffes ou des coups de matraque. La sainte police bourgeoise pourtant bel et bien composée de gens du peuple. Mais Sarko est populaire, là est l’horreur. Là est l’erreur. L’erreur d’une gauche complexée et arrogante.
           Oui, arrogante lorsqu’elle laisse en 2002 passer Le Pen sous les fenêtre de la république par manque d’écoute, par simple manque d’écoute (je repense au discours de Chevènement avant ces élections, je pense au discours sécuritaire de la droite, et sur lequel la gauche n’a jamais su se faire entendre, mais je pense surtout à cette forme d’arrogance que constitue la certitude d’avoir déjà gagné qu’affichait cette gauche à l’époque). Hélas nous n’avons plus la droite la plus bête du monde. Mais une droite bien à droite, qui parade, voyant que nous sommes incapables de nous rassembler. Car c’est bien la débandade, ne nous y trompons pas. Fort heureusement, la réalité de l’ensemble des mesures prises par ce gouvernement de nantis ne devrait pas tarder à montrer ses limites, tant sont importantes les attaques faites aux plus démunis. N’oubliez pas : les personnes handicapées payent la franchise médicale…
par Lionel DEGOUY publié dans : Humeur communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Mercredi 5 mars 2008
J’ai dans la tête un morceau de Schubert : « la jeune fille et la mort ». Et je repense à ces moments passés à espérer autre chose que la misère pour mes semblables et moi-même. Et pour toutes ces jeunes filles en fleur que j’ai connues, croisées, aimées. Parfois dans le malheur. Mais malgré les risques de chagrins inéluctables, parfois l’espace d’un jour, parfois l’espace d’une seconde, j’abandonnais tous mes rêves de grandeur pour l’insouciance d’une journée passée sous le soleil immense de la langueur. Depuis, ma faiblesse a fait que je n’y ai pas changé grand-chose, et que je reste inapte au bonheur. Je ne puis donc rien regretter – tout autant de mes égarements que de mes échecs. Mais ceux des autres, leurs malheurs et leurs douleurs, puis-je les ignorer ? Non.
Alors il me vient cette idée de me battre. Me battre contre l’ignominie, contre tout ce nazisme ambiant, tout ces tocards qui nous gouvernent et nous commandent. Ces tocards qui nous commandent : chacun peut en faire chaque jour le tour. Mais constamment ? Est-ce réellement tenable de se laisser mourir pour la paix du bourgeois bienveillant ? Faut-il appeler au crime ? Faut que celui qui reste notre prochain, malgré le fait qu’on l’exècre, meure de notre envie de faire justice pour les innocents dans l’incapacité de se défendre ? Ou bien faut-il se tuer soi-même ? C’est ici, toujours, notre extrémisme qui empêche notre folie. Puisque ce que j’écris là je ne puis décemment l’écrire sans me justifier, sans que la violence des mots ne me soit encore reprochée, sans que l’on me condamne pour homicide envers moi-même. Ou pour incitation au suicide collectif. Aucun jour pourtant ne se fait sans ce que j’appel la belle démonstration de l’homme en blanc, mon curé de campagne favoris : « tu te dois, gamin, de mourir à toi-même, mais non point vouloir que l’on te tue par désespoir ou par folie d’aimer ! ». La belle démonstration que déjà l’on opposait à Goethe dans ces « souffrances du jeune Werther ». Comme à chaque époque, en 1774, il ne faisait pas bon vouloir mourir, ne serait-ce que d’amour. Ou simplement, à force de misère visible, vouloir sauver celui qui reste encore un temps.
Ce soir j’ai réuni tout mes restes d’espoir : ils sont proches du néant. J’aurais décidément tout vu : je marchais tranquillement sur le port de Marseille lorsque j’ai soudain réalisé que la connerie me suivait partout. Au point qu’il m’était impossible de croire qu’elle pu émaner d’autre part que de moi-même. Stupeur ! Je suis un bel imbécile, complet, bien reluisant. Il n’est d’autre possibilité.
Mais faisons tout de même le tour des choses : il se trouve désormais sur le marché des chats génétiquement modifiés qui ne provoquent pas d’allergies et qui pour cela sont vendus deux milles cinq cents euros. Nous ne parlons jamais de la Chine. L’Amérique continue de faire rêver. Les anglais vote Tony Blair. Nous votons Chirac lorsque nous ne votons pas Le Pen. On vend des bombes au Pakistan. L’Afrique s’anéanti chaque jours un peu plus sous le poids de l’impérialisme. Kadhafi parade. On voudrait nous faire croire que Yasser Arafat n’est mort que d’une cirrhose. La paix du monde ne sera jamais réalisable. On nous soutient que nous avons bien raison de ne plus laisser traîner les trisomiques dans la rue. On se moque de l’antarctique et de sa fonte inéluctable. Des femmes meurent encore, ici comme ailleurs, de violence conjugale. On massacre les tigres. Des enfants meurent sous les bombes de la folie de Donald Rumsfeld. J’ai faim. On m’emmerde.
Nous n’irons plus au bois : les lauriers sont fanés.
On nous prend pour des cons.
par Lionel DEGOUY publié dans : Humeur communauté : De rêves en passions
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Lundi 3 mars 2008
Pas la moindre parcelle d’humanité. Ce sont là les premiers mots qui me viennent à l’esprit. Nous vivons dans un monde dénué de scrupules et mortellement flasque. Au point que plus rien ne semble nous laisser voir l’espoir d’une quelconque alternative. Plus rien ne s’enflamme en nos vies. Nos vies si petites que chacun peut tenir celle de l’autre dans sa main.
L’Etat n’arrange rien, lui qui ne fait que s’appuyer sur nos solitudes pour mieux nous étouffer. Mieux nous contrôler, mieux nous manipuler : lorsque l’on meurt de faim, nous avons, paradoxalement, moins de cœur à crier nos désarrois.
Il n’est pas nécessaire d’être un génie pour voir, qu’au final, nous dépérissons. Nous dépérissons d’un manque d’amour, de simplicité, de franche amitié.
Où placer nos espoirs ? Et bien dans l’amour, la simplicité, une franche amitié. L’espoir ne tient qu’au fil de ces trois points. Pas beaucoup plus. Le reste n’est que piège à cons : la soit disant volonté qui nous pourrie la vie, l’orgueil, la satisfaction de soi, la plupart du temps.
par Lionel DEGOUY publié dans : Humeur communauté : Le Monde Spirituel
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Jeudi 28 février 2008
                 Il est certain que tout s’en va. Bien loin de nous. Jusqu’à l’amour, que l’on voudrait nous faire passer pour nécessairement, oui, nécessairement, précaire – il suffit, pour s’en convaincre, d’écouter Madame Parisot, Présidente du Medef : « l’amour est précaire, pourquoi le travail ne le serait-il pas aussi ? » Sans rire, nous avons donc à rappeler que l’amour n’est pas une marchandise et le travail une marchandise bien différente des autres marchandises.
            Dans ces conditions, promettre c’est mourir. Rêver, c’est être atteint de folie douce. Pourtant, rêver ne serait, en ces temps, pas mal venu. On peut même considérer que rien de véritablement sérieux ne pourra désormais se faire sans promesse directement issue de nos rêves. Mais de quoi rêvons-nous alors même que l’on veut à ce point faire appel à notre pragmatisme. Cet abominable pragmatisme.
            Ce dont nous rêvons, c’est de « tronc commun » d’études générales plus avancé – école obligatoire jusqu’à l’age de dix-huit ans. Ce dont nous rêvons c’est de retraite dès cinquante ans pour les maçons, les boulangers, les carreleurs et d’autres – de retraite à cinquante-cinq ans pour tous. Ce dont nous rêvons c’est de semaines de quatre jours ou de trente-deux heures. Ce dont nous rêvons c’est de huit semaines de congés payés. En clair, nous faisons de nos rêves les promesses de conditions de travail et de vie à la mesure des acquis de notre civilisation. Même si ce dont nous rêvons par-dessus tout, bien entendu, c’est d’amours éternels, de fleurs séchées au sein d’un livre souvent lu, souvent relu. Ce dont nous rêvons par-dessus tout c’est d’herbe grasse et de pommiers en fleurs. Cela pour reconstruire les bases d’une démocratie plus sûre d’elle. Plus belle, aussi.
            Pour maintenir tous nos espoirs, tel Camus, citons Pindare : « Ô mon âme, n’aspire pas à la vie immortelle, mais épuise le champ du possible. »
           

            « On me demandera si je suis prince ou législateur pour écrire sur la Politique ? Je réponds que non, et que c’est pour cela que j’écris sur la Politique. Si j’étais prince ou législateur, je ne perdrais pas mon temps à dire ce qu’il faut faire ; je le ferais, ou je me tairais. » C’est en ces termes que Jean-Jacques Rousseau s’exprimait dans le préambule du livre I du contrat social, en 1762. Le Politique, ici, se trouve à la bonne place ; à celle qui est la sienne : c'est-à-dire qu’il se situe partout où le rêve est possible.
            Alors il faut être rêveur pour véritablement penser ou repenser nos institutions ! Et le peuple est rêveur. C’est pourquoi, bien que par la force des choses il ait nécessairement les pieds sur terre, il ne faut pas se résigner à voir ce peuple ne jamais lever la tête et se mettre à rêver de jours meilleurs, d’amour de l’autre, d’espoirs réalisables.
            C’est le rêve seul qui pourra nous porter hors de nous-mêmes, au-delà de nous-mêmes. Dans le futur tout comme dans le présent. Le futur : de sombres perspectives en vérité, si nous n’y prenons garde ! Le présent : des dirigeants inaptes à regarder l’horizon, mais le bout de leurs chaussures. Des dirigeants inaptes aux rêves des autres, inaptes à nos rêves, inaptes même aux leurs. Inaptes à la salvatrice utopie, rendus malades qu’ils sont par ce sale mot de pragmatisme. Le pragmatisme : surtout ne rien brûler. Et surtout pas nos cœurs aux flammes de l’amour du prochain. Quand rêverons-nous d’amour si ce n’est en ces temps de décomposition, quand donc imaginera-t-on un autre monde possible pour chacun ? Un monde où les enfants ne disparaîtront plus sous les bombes ? Quand donc rêverons-nous enfin d’un monde meilleur, loin des calculs, de la bassesse de vue et de l’improbité intellectuelle ? Car, à la fin, ce sont des possibilités de rêves qu’on nous chaparde ! Et les bienfaits de l’utopie en tant que devenir possible.
 
 
            Or, il n’est nul besoin de s’observer longtemps pour constater que nous souffrons. Ici. Ici, nous souffrons. D’où peut bien nous venir cette angoisse ? Alors même que nous disposons à loisir – riches que nous sommes – de la mélancolie, des larmes de l’amour et d’un soleil qui chaque jour nous offre son déclin. Car la mélancolie, l’amour et le déclin sont pour nous des valeurs sûres tant elles sont aptes, ces valeurs, à nous sortir de l’angoisse, de la peur. Se sauver par les larmes. Par les larmes, oui. Se sauver dans la perte plus que dans l’orgueil ou la soi-disant victoire sur soi-même. En effet : « qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une seule coudée à la durée de sa vie ? » dit l’évangile selon Matthieu. Or, le pleur n’est plus inquiétude, le pleur n’est plus orgueil, le pleur n’est plus victoire mais perte salvatrice. Et c’est ainsi que nous nous trouvons au point où devient possible une véritable re-naissance. Re-naître. Voilà ce qui nous est nécessaire : ce soleil en déclin, annonciateur de renouveau. Oui, demain sera un autre jour.
 
 
            Voila bien un point sur lequel on ne peut revenir : s’il est une obligation, c’est celle de se battre sans discontinuer pour posséder la liberté d’imaginer pouvoir aimer sans fin, loin de l’idée que l’amour ou le bonheur n’ont qu’un temps.
            J’aurais cité Rousseau, Pindare, le Christ et c’est encore que je les citerai, c’est encore que j’en citerai d’autres. Les sujets ne manquent pas : l’utopie, le rêve, la foi en des lendemains radieux pour nos frères et nous-mêmes, l’incommensurable – j’ai bien dit l’incommensurable – douleur du monde. Il nous faut donc tout discuter, tout reconstruire, pour que demain devienne vraiment un autre jour : revenir à l’essentiel par la chaleur et l’innocence des larmes de notre enfance. Car, à la vérité, les cœurs de pierre n’existent pas. Puisqu’il y a l’amour que nous avons reçu du ciel et des jeunes filles en fleurs.
 
 
            Et si l’amour n’était pas précaire ?
par Lionel DEGOUY publié dans : Humeur communauté : Libre parole-Libre Information
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Lundi 25 février 2008

          Malgré la lassitude qui submerge un peu mon esprit de temps à autres, je ne baisserai jamais la garde. Je ne courberai pas l’échine, je ne ploierai pas sous le fardeau que l’on veut avec obstination nous faire porter : jamais je ne laisserai passer l’injustice, où quelle soit. La dernière fois que je ne me suis plus senti capable de pleurer – ce qui est la forme ultime du combat – ou plus la force de m’opposer par les mots, j’ai vécu les pires moments de mon existence. Fort heureusement les pleurs chez moi sont fréquents, et la révolte régulière. Ainsi, qu’elle que soit le moyen utilisé, l’action reste toujours possible. A ces deux choses – les larmes ou le désarroi de la colère – s’ajoute la prière. C’est sur elle que je m’appuie pour ne pas blesser les gens par la violence verbale et physique que déclanchaient chez moi, il y a déjà longtemps, le racisme, la xénophobie, le rejet des plus pauvres, les guerres infanticides.
          Oui, les combats ne manquent pas plus aujourd’hui qu’hier, mais j’ai décidé un jour de ne pas mettre une claque, une simple claque, au lepéniste de service, qui est toujours plus ou moins présent dans une assemblée. Je prie pour lui. Ceci dit, une patate par-ci par-là de temps en temps…ça démange. Mon Dieu, Seigneur, que ça soulagerait !!! Juste une. Promis. C’est l’éternel déchirement qui s’opère en moi : me convertir un peu plus de jour en jour, trouver chaque jour un peu plus la paix, et l’autre solution étant, je l’ai dit, la bonne vieille correction et la colère qui tue à feu doux chacun de ceux qui se révoltent contre l’injustice sous toutes ses formes.
          Si l’on écarte la violence pour des raisons idéologique et logique, il ne reste que les pleurs et la prière. Mais ces deux choses sont des « grâces », des dons, des « talents ». Le Christ, entre autre, nous montre une autre voix, en supplément : la faiblesse volontaire, l’abandon de soi, le don gratuit de soi. En clair, un certain laissé aller pour certains, une débandade pour d’autres.
           Quoi qu’il en soit en pleurant, en priant, et en m’abandonnant, en faisant confiance, je suis certain d’éviter la violence qui ne résout rien. Je garde ainsi ce que j’ai de plus cher : mon indépendance totale envers toute forme de pensée restrictive et activiste. J’ai choisi de contempler le monde. Et puis d’écrire aussi. Mon désarroi.

 

par Lionel DEGOUY publié dans : Humeur communauté : Parlons d'amour
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Vendredi 22 février 2008
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Peinture de Josée Van Lierop
par Lionel DEGOUY publié dans : Humeur communauté : Resituationnisme neo Dada
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Vendredi 22 février 2008

            Il faudrait pouvoir pleurer sans cesse, ou mourir un peu. Car c’est de nos larmes que peut seul naître l’amour de l’autre, l’amour fou de l’autre. Et puis pourquoi ne pas pleurer pour les bombes qui tombent et tombent sur une bonne partie de la planète. Pas de misérabilisme ici, mais la volonté réelle de voir l’Homme par-dessus les nuages, loin de la guerre.

            Nos larmes ne sont pas celles de l’enfant qui à faim. Nous sommes repus de nos bons gros repas pendant qu’ils meurent d’un manque de pain. Nos larmes, ainsi, ne peuvent être comparables aux leurs. Dans l’opulence, les larmes sont celles de nantis qui réalisent pleinement ce qu’ils pourraient vivre : la vraie douleur, les vraies lamentations, lamentables signes de nos politiques barbares envers l’Afrique, le proche et le Moyen-Orient.
            Nous ne saurons jamais ce que signifie tout cela, toute cette haine que nous colportons tels des voyageurs de commerce sur l’ensemble du monde qui n’est pas nous. Combien de temps encore ? Combien de temps avant la paix, l’amour, le réconfort, les larmes…de compassion. Les larmes de compassion : voilà bien là ce que seul nous pouvons propager afin d’ouvrir nos cœurs à l’autre, le différent.
            Le différent : mais si ! vous savez ! L'ensemble de ceux qui veulent vivre un peu dans notre beau pays et que nous renvoyons chez eux sous les bombes, simplement parce qu’ils n’ont pas nos mœurs, notre couleur de peau, et bien sûr nos goûts. Nos goûts de fastes et de mépris mortels. Ce mépris qui tue chaque jour un peu plus les espoirs d’une bonne moitié de la surface du globe.
par Lionel DEGOUY publié dans : Humeur communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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Jeudi 21 février 2008

         Une fois de plus ce sera les enfants. Que l’on mettra dehors. Une fois de plus ce sont les enfants qui nous dérangent. Une fois de plus. Quand sortirons-nous de ce cercle infernal qui veut que seuls les enfants posent problème. Délinquance des mineurs, expulsion des mineurs. Au point même que je ne sais comment le dire. Comment dire avec sagesse ce qui provoque chez moi des vomissements. De dégoût. Certes – nous devrions sûrement l’en remercier – Nicolas Sarkozy, l’infâme, l’incapable, le tortueux, l’inénarrable Président de la République, va nous redresser ces petits durs, va nous expulser ceux qui nous dérangent. Ce qui nous dérange : l’enfance. Ce qui nous dérange : l’innocence. L’envie de vivre, aussi. Leur envie de vivre. La leur. Chez nous.

         Nous n’avons pas voté Le Pen. Nous avons Sarkozy. Quel bonheur que cet Homme là !!! Et puis tout cet humanisme qui transpire de sa personne !!! Là encore, c’est une guerre des idéologies qui se dessine clairement, alors que l’on nous parle pragmatisme, raison ou bien simple bon sens. Le bon sens du fascho de service, on le connaît : c’est le bon sens des abrutis.
         Pour cela c’est à nous de lancer l’offensive des utopies, des idéologies. Alors, ce soir, je veux vous faire rêver par un bon en arrière de quatre-vingt années, sur les pas d’André Breton : « le surréalisme, tel que je l’envisage, déclare assez notre non-conformisme absolu pour qu’il ne puisse être question de le traduire, au procès du monde réel, comme témoin à décharge. Il ne saurait, au contraire, justifier que de l’état complet de distraction auquel nous espérons bien parvenir ici-bas. […] Cet été les roses sont bleues ; le bois c’est du verre. La terre drapée dans sa verdure me fait aussi peu d’effet qu’un revenant. C’est vivre et cesser de vivre qui sont des solutions imaginaires. L’existence est ailleurs ». Dieu, qu’on savait dire les choses en ce temps là.

 

par Lionel DEGOUY publié dans : Humeur communauté : De rêves en passions
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Mercredi 20 février 2008
            Il n’est pas de mon goût de frapper un Homme à terre. Mais il faut bien reconnaître que la situation parfois l’exige. Comme pour achever, finaliser, une entreprise engager depuis plusieurs années : Le Pen vend son siège national pour se faire un peu de sous. Il n’a plus les moyens d’entretenir la haine que sur sa fortune personnelle et le bon vouloir de ses sympathisants.
            Soyons honnêtes, c’est un plaisir. Un vrai. Car si la bête immonde fait encore figure de candidature plausible en divers endroits de notre territoire lors des municipales et cantonales, il est tout aussi plausible de penser que le parti de la haine devra se limiter désormais à parler à un groupuscule de fourvoyés. Pas plus.
            Mais là est la tentation. La tentation de prendre pour des imbéciles des gens aux discours simplement improbes, malhonnêtes. Oui, c’est la malhonnêteté qui fait tenir debout le cadavre de l'idéologie puante du front national. Un cadavre à terre, donc.
            Faut-il frapper ce cadavre ? Oui. Et je reconnais sans discourir qu’il n’est pas très chrétien de s’acharner de la sorte…sur un Homme à terre. Pour un spirituel cela relève même de la faute, car il faut savoir ne pas aller trop loin dans sa propre haine, il faut laisser à Dieu le soin de s’occuper de l’âme de ce fasciste, et rester en retrait, en retraite. Certains appellent cela le détachement. Et pour d’autre c’est la prière qui peut seule nous débarrasser de cette lugubre association d'abrutis qu’est l’ensemble de l’équipe à Le Pen.
            Et c’est ce que je fais : je veux prier bien plus que je ne veux frapper, c’est ainsi que je l’entends. Mais la révolte et la colère, hélas, sont parfois salvatrices. Car les idées frontistes continuent d’empester les plus hautes sphères de nos gouvernants qui sont loin de la réalité de l’Homme en devenir, plein, tout à la fois, d’espoir et de désespoir. Oui, nous succombons encore longtemps sous le poids de la connerie du méchant, de l’injuste et du « bon vivant » fascho et indépendantiste.
par Lionel DEGOUY publié dans : Humeur communauté : PARLONS FRANCHEMENT
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