Jeudi 21 février 2008
L’essentiel est de savoir mourir un peu chaque jour. Se libérer des charges inutiles. En pleurant souvent, profondément, sans espoir. Pour que tout s’arrête enfin, de toute cette haine, cette pourriture qui nous fait voir les bas-fonds de notre existence dénuée de sens, hors l’amour peut-être. Ce seul amour capable de nous rendre à nous-même, de nous faire percevoir ce que nous sommes réellement : des êtres livides.
       Depuis la nuit des temps l’Homme s’enorgueillit de ses somptueuses découvertes, de ses plus incongrues motivations, tel que celle de mettre le pied sur la Lune. Il ne peut s’agir que de deux choses : le rêve salvateur d’une part, de l’autre la volonté de tout détruire dans l’ensemble du monde créé. Intervenir sur ce qu’il nous est interdit de modifier : la création, tout simplement. Et comment l’Homme voit-il la Lune désormais ? Qu’en est-il de ses rêves depuis ? L’Homme a bien des rêves à sa portée : vivre dans la paix, aimer l’amour, rêver de l’autre. Mais il ne saurait se contenter de si petites espérances. C’est alors qu’il tue. Qu’il tue l’envie, le rêve, l’amour, l’espérance, l’autre, la paix, l’amour. Car l’Homme ne sait que faire de ce gentil chapelet de bon sentiment. La guerre est hélas plus facile à séduire.
par Lionel DEGOUY publié dans : Poésie communauté : Parlons d'amour
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Dimanche 17 février 2008
                                                          Un air comme une traîne immense
                                   Un air qui ne finit jamais
                                   Un air d’octobre une romance
                                   Plus douce que le mois de mai
                                   Un air qui toujours recommence
 
                                   Tes yeux ont le mal d’horizon
                                   Fou qui trouve assez bleu l’azur
                                   A qui le ciel n’est pas prison
                                   Il faut aimer à démesure
                                   Ce n’est pas assez que raison
 
                                   Bel automne aux mains de velours
                                   C’est la chanson jamais chantée
                                   C’est la chanson de notre amour
                                   C’est la chanson des roses-thé
                                   Dont le cœur est couleur du jour
 
                                   Est-il assez profond sanglot
                                   Pour dire les déserts physiques
                                   Pareils aux ronds qu’on fait dans l’eau
                                   Les mots valent-ils la musique
                                   Du long désir au cœur enclos
 
                                   Un air Elsa de la démence
                                   Un air qui ne finit jamais
                                   Un air d’octobre une romance
                                   Plus doux que n’est le mois de mai
                                   Un air comme une traîne immense


Un air d'octobre,
Amour d'Elsa, Le nouveau crève-coeur. Louis Aragon.
par Lionel DEGOUY publié dans : Poésie communauté : Parlons d'amour
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Mercredi 6 février 2008

 

 


Sur l’amour on avait écrit
Sortie de secours interdite en cas d’incendie
Sur le ciel on avait écrit
Vous vous trompez ce n’est pas par ici
Et sur la nuit on avait écrit
On n’avait écrit rien du tout sur la nuit.



                                               Louis ARAGON, Le mouvement perpétuel.




                                                                                   
par Lionel DEGOUY publié dans : Poésie communauté : Parlons d'amour
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Dimanche 27 janvier 2008

La nature répugne à la réalité :

Dans le sein du possible en songe elle s'élance ;

Le réel est étroit, le possible est immense [...]

                                         Lamartine, Méditations poétiques.

par Lionel DEGOUY publié dans : Poésie communauté : Parlons d'amour
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Mardi 15 janvier 2008
L’essentiel est de savoir mourir un peu chaque jour. Se libérer des charges inutiles. En pleurant souvent, profondément, sans espoir. Pour que tout s’arrête enfin, de toute cette haine, cette pourriture qui nous fait voir les bas-fonds de notre existence dénuée de sens, hors l’amour peut-être. Ce seul amour capable de nous rendre à nous-même, de nous faire percevoir ce que nous sommes réellement : des êtres livides.

            Depuis la nuit des temps l’Homme s’enorgueillit de ses somptueuses découvertes, de ses plus incongrues motivations, tel que celle de mettre le pied sur la Lune. Il ne peut s’agir que de deux choses : le rêve salvateur d’une part, de l’autre la volonté de tout détruire dans l’ensemble du monde créé. Intervenir sur ce qu’il nous est interdit de modifier : la création, tout simplement. Et comment l’Homme voit-il la Lune désormais ? Qu’en est-il de ses rêves depuis ? L’Homme a bien des rêves à sa portée : vivre dans la paix, aimer l’amour, rêver de l’autre. Mais il ne saurait se contenter de si petites espérances. C’est alors qu’il tue. Qu’il tue l’envie, le rêve, l’amour, l’espérance, l’autre, la paix, l’amour. Car l’Homme ne sait que faire de ce gentil chapelet de bon sentiment. La guerre est hélas plus facile à séduire.

par Lionel DEGOUY publié dans : Poésie communauté : De rêves en passions
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Mercredi 9 janvier 2008
On n’oublie rien quand sur les champs de bataille on a perdu l'âme sœur. Mais c'est surtout qu'on aime à la légère. Succinctement. Il n'y a là rien d'exceptionnel, mais rien de bon non plus. Le général, en ce point précis, ne peut sauver le particulier. On meurt ensemble devant l'audace de nos contemporains à n'être que des faibles en amour fou. Tout est bien mort, sans l'autre ; rien n'est réel, même. C'est bien cela que chaque adulte sait. Et c'est là qu'est le crime : ils savent l'amour. Ils connaissent bien l'Amour. Alors ? Alors les enfants meurent. Et de sale mort. Seuls.
Tout n'est qu'absence.
Une balle. Un flingue.
Seulement voilà, il faut compter avec l'amour des autres, l'amour de l'humanité, la sagesse, la philosophie, que sais-je encore... il faut que rien ne cesse dans nos envies, alors il faut canaliser, assouvir de façon non spontanée, de façon calculée.
Le goût sucré de la raison fait oublier souvent que rien n'empêche d'être déraisonnable, de savoir vivre le temps présent sans se fourvoyer à n'être qu'un sauveur de l'humanité, un journaliste, un politique ou pire encore, un curé, un psychiatre.
Car rien ne vaut la mort quand il s'agit d'amour.
De l'amour.
par Lionel Degouy publié dans : Poésie communauté : Parlons d'amour
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Lundi 7 janvier 2008
J'appelle finalement au crime tous les amoureux déchus, toutes les amoureuses trahies, tous les enfants abandonnés. Que rien ne soit fait pour les arrêter, pour les châtier. Ce sont les porcs qu’il faut abattre de sang-froid et sans remords, pas les enfants. Et pas les fous non plus. Dans ce monde de bien-pensants macabres et tortionnaires, le pays des droits de l'homme n’est défini que par ses propres droits de l'homme. Cela empêche, dès lors, bien des gens de rêver.
Malgré cela j'attends, serein, ce proche avenir où rien ne fera plus vaciller l'âme belle de nos enfants ; où la folie, définitivement libérée de toute entrave, prendra à revers les plus grands stratèges de ce monde. Nous construirons demain les espaces verts et les forêts de nos assassins.
On n’enferme pas un coeur qui bat. On n’enferme pas cet amour qui parfois nous ronge de son absence, cet amour dont on voudrait qu'il ne touche que soi, et pas les autres. Cet amour que l'on veut tout entier, en le gardant là, bien au chaud, bien à l'abri des coups de l'inutile douleur du monde. Se protéger, enfin. Être hors du vivre et du non vivre, être dans l'essentiel ailleurs d'André Breton. Au point de ne plus sentir ce monde qui nous étouffe tous, trop.
Rien ne dit que l'on serait heureux dans cet ailleurs tant que l'on n’y a pas goûté pleinement, mais quand il apparaît, ce royaume, on sait que c'est cela la vérité, le sens même de la vie. Nul besoin de chercher, il suffit de se rappeler.
Et le mystère de notre foi nous le voulons pour tous et pour chacun. C'est cette folie qui nous apprend chaque jour à n'être que de simples hommes, de simples femmes, à faire de nos faiblesses la force même de nos amours, de notre mort et de celle des autres. L'humanité n'est rien face à cette passion qui nous enchante.
Mener la barque à bon port n'est pas de tout repos, mais je ne veux pas, moi, être l'otage de la raison. Celle qui voudrait bien voir mourir le sens de toute la condition humaine, fût-elle tragique ou merveilleuse.
par Lionel Degouy publié dans : Poésie communauté : Le Monde Spirituel
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Dimanche 6 janvier 2008
Je dois remonter loin dans mon enfance pour comprendre ce qu'est le manque d'amour, pour comprendre que l'on en meurt aussi sûrement que d'un coup de lame. Car il faut s'être révolté contre la providence pour savoir que rien n'arrête un homme qui a peur, peur de vivre, peur d'être seul encore, peur de ne pas vivre un jour ce que chacun vit chaque jour, du moins le croit-il. Je parle ici du bonheur.
Alors je me dis parfois que la mort, seule vie possible en nos contrées, ne viendra jamais : je suis immortel encore, me semble-t-il. Que faudra-t-il pour me faire oublier que je vis ? Que faudra-t-il donc que je fasse pour sortir de cette vie où tout échoue, où tout s'échoue ? Aimer encore. Aimer toujours. Une mère y trouve ainsi sa place au soleil de mon cœur.
Car nos âmes ne sont plus belles. Il faut les assoiffer encore de toutes choses et par le vide de cette absence les obliger à se remplir d'amour. C'est finalement l'absence d'amour qui appelle la passion d'amour. C'est bien le manque d'amour qui crée l'amour. Qui crée le besoin d'amour. L'amour existe donc.
           Mais que faire quand ce manque d’amour se trouve enfin comblé par une rencontre ? Comment le vivre, si ce n’est dans la passion la plus absolue ? Comment ne pas devenir excessivement sensible à tout ce qui viendrait troubler le long silence, profondément mystique, qui naît de cette rencontre ? Il n’est d’autre solution que de rester oisif. En tout. Et d’atteindre ainsi sereinement ce fabuleux destin qui nous est offert, à tous. Il suffit de ne pas s’en laisser conter par tous ces rabat-joie sans vergogne : oui, l’amour se perpétue sans cesse. Irrémédiablement.
par Lionel Degouy publié dans : Poésie communauté : Parlons d'amour
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Jeudi 20 décembre 2007
On va s’aimer. C’est sûr. Et pour toujours. Un jour. Un jour de grand soleil, un jour de pluie. Un jour de guerre, un jour de paix. Un jour de haine. Un jour de peine, un jour de joie. Pour que nous soyons bien convaincus de l’infernale beauté du monde qui nous est offert. Mais aussi du monde qui vient. Celui qui sans détour vaincra. Ne serait-ce que pour l’amour du beau. Un jour. Un jour, et pour toujours, on va s’aimer : qu’il est facile de simplement bien formuler la vérité ! Cette absolue vérité : l’amour comme chemin, l’amour comme fin. C’est bien ici la seule échappatoire, vraiment plausible, à ce monde terriblement infanticide. Car l’amour est là. Chacun peut en faire chaque jour le tour : chaque jour un arc en ciel fait vivre une âme de par le monde. C’est l’effroyable liberté de voir. De voir l’amour, ici pour nous sauver. De tout, de rien, de nous, des autres. Des guerres apparemment inéluctables, de l’inutile violence, de la connerie notoire.
Dans cette optique, la fulgurance du don de Dieu permet de nous aimer, à en mourir, plus que nous nous haïssons. Oui, il y aura toujours l’amour de Dieu – cet amour là – qui au-delà des certitudes que nous croyons avoir, transformera nos peurs en larmes salvatrices, nos larmes salvatrices en envie de vivre. Un peu. Enfin.
Tout ainsi vient des larmes. Ces larmes chaudes, et même brûlantes, dont nous ne pouvons nier le pouvoir de dire non à l’imbécillité. Notamment à l’imbécillité de ceux qui voudraient nous faire croire que l’Homme ne se construit que dans la guerre, la volonté – cette détestable volonté – ou bien encore dans le mérite ou la vertu. Mais nous sommes peu, fort heureusement, à nous échiner à devenir vertueux. Trop vertueux. C’est notre gloire, notre avenir, notre plus grand espoir. Pleurons en paix. Pleurons en paix pour le salut du monde, pour le rire d’un enfant, pour ces jeunes amoureux qui passent dans notre rue, pour l’amour. Pour la tranquillité de ceux qui savent que c’est seulement un abandon aux larmes, vraies et profondes, qui peut éternellement donner l’envie de vivre avec ce qui nous écrase tous, trop : la haine. Il faut aimer bien au-delà de nos capacités à accepter l’inacceptable : prier pour nos ennemis.
Aimer, somme toute, nos ennemis : se libérer du poids des haines amères, des traces parfois indélébiles de la rancœur. Aimer ceux qui nous persécutent et persécutent l’innocence même. Aimer pour avancer, pour assurer à tous, sans le moindre doute, la présence d’un soleil chaque matin renaissant.
par Lionel Degouy publié dans : Poésie communauté : Parlons d'amour
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