En chacun se trouve une part de solitude qu’aucune intimité humaine ne peut
combler.
Pourtant tu n’es pas seul. Laisse-toi sonder jusqu’au cœur de toi-même, tu verras
que, au creux de l’être, là où personne ne ressemble à personne, le Christ t’attend. Et surgit l’inespéré.
Le Christ n’est pas venu « pour abolir mais pour accomplir ». Quand
tu écoutes, dans le silence de ton cœur, tu saisis que, loin d’humilier la créature humaine, il vient transfigurer même le plus inquiétant en toi.
La découverte de toi-même provoquerait-elle comme un malaise intérieur ? Mais
qui te condamnerait quand pour toi Jésus prie ? Si tu venais à t’accuser de tout ce qui t’habite, tes nuits et tes jours y suffirait-ils ?
Quand surviennent des épreuves intérieures ou des incompréhensions du dehors, ne
l’oublie pas, dans la blessure où pénètre l’inquiétude naissent aussi des forces créatrices. Et s’ouvre un passage qui va du doute à la confiance, de l’aridité à une
création.
Texte de frère Roger de Taizé, fondateur de la communauté de Taizé (La source de Taizé, presses de
Taizé, p.17)
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