C’est sans amertume que je tente d’exprimer le désarroi de mes contemporains.
C’est dans ce cadre que je voudrais exprimer tout à la fois une révolte saine et une sagesse nécessaire à l’élaboration de plans d’avenir, de perspectives possibles. De rêve à réaliser. Car il
est possible de réaliser nos rêves. Nous en avons, nous, les moyens. Puisque l’argent, ici, coule à flot vers des mers inconnues, et que les ouvriers hautement qualifiés sont légions. De plus
nous sommes désormais certains de la volonté du peuple de se réunir en manifestations, pétitions, actions sociales quand il s’agit de justice sociétale.
Or, ce que l’on attend de nous, peuples autochtones, c’est de
ne plus rêver. Ne plus rêver d’amour immortel, ne plus se souvenir de nos belles années, celles où nous étions jeunes et forcement rêveurs. On ose nous opposer le pragmatisme, clef de voûtes des
discours politiques de nos dirigeants : il faut être pragmatique. Alors que nous n’avons que faire d’une réalité qui soit monolithique, puisque la réalité n’est pas
monolithique, et nous n’avons que faire du pragmatisme qui ne peut qu’étouffer nos vies, malmener nos espoirs, dilapider froidement toute réelle probité intellectuelle. Ce que nous devons
imposer, au demeurant, c’est l’utopie. Une utopie de l’amour du prochain, du respect de l’autre ; une utopie facteur de développement d’une humanitude toujours plus digne,
notamment par des avancées sociales palpables.
Contre nous des idéologues de droite bien à droite annoncent la
suppression de plusieurs milliers de fonctionnaires dans l’éducation nationale : moins de professeurs, moins d’éducateurs, moins de surveillants, moins d’infirmières scolaires. Moins de
tout. Alors même que la démonstration est faite que cette politique ne porte pas de fruits, mais des émeutes, des drames, des vies brûlées pour l’idéologie libérale. Il va nous falloir résister.
Et proposer tout autre chose, une vision totalement différente du lendemain, de l’avenir. Une vision qui puisse trancher radicalement avec tout ce qui s’est fait depuis des années. Faisons de nos
rêves un avenir possible.
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