Dimanche 10 février 2008
J'appelle finalement au crime tous les amoureux déchus, toutes les amoureuses trahies, tous les enfants abandonnés. Que rien ne soit fait pour les arrêter, pour les châtier. Ce sont les porcs qu’il faut abattre de sang-froid et sans remords, pas les enfants. Et pas les fous non plus. Dans ce monde de bien-pensants macabres et tortionnaires, le pays des droits de l'homme n’est défini que par ses propres droits de l'homme. Cela empêche, dès lors, bien des gens de rêver.
Malgré cela j'attends, sereine, ce proche avenir où rien ne fera plus vaciller l'âme belle de nos enfants ; où la folie, définitivement libérée de toute entrave, prendra à revers les plus grands stratèges de ce monde. Nous construirons demain les espaces verts et les forêts de nos assassins.
Onn’enferme pas un coeur qui bat. On n’enferme pas cet amour qui parfois nous ronge de son absence, cet amour dont on voudrait qu'il ne touche que soi, et pas les autres. Cet amour que l'on veut tout entier, en le gardant là, bien au chaud, bien à l'abri des coups de l'inutile douleur du monde. Se protéger, enfin. Être hors du vivre et du non vivre, être dans l'essentiel ailleurs d'André Breton. Au point de ne plus sentir ce monde qui nous étouffe tous, trop.
Rien ne dit que l'on serait heureux dans cet ailleurs tant que l'on n’y a pas goûté pleinement, mais quand il apparaît, ce royaume, on sait que c'est cela la vérité, le sens même de la vie. Nul besoin de chercher, il suffit de se rappeler.
Et le mystère de notre foi nous le voulons pour tous et pour chacun. C'est cette folie qui nous apprend chaque jour à n'être que de simples hommes, de simples femmes, à faire de nos faiblesses la force même de nos amours, de notre mort et de celle des autres. L'humanité n'est rien face à cette passion qui nous enchante.
Mener la barque à bon port n'est pas de tout repos, mais je ne veux pas, moi, être l'otage de la raison. Celle qui voudrait bien voir mourir le sens de toute la condition humaine, fût-elle tragique ou merveilleuse.
 
Danièle
 
 
 
         Danièle faisait comme moi des efforts désespérés pour apprécier les petites choses. C'était chaque jour ce qu'il fallait que nous recommencions. Pour y parvenir nous décrétions souvent le silence ; et cela dès notre réveil. Nous le voulions calme, et rien ne se passait d'autre que l'amour. Avant du moins la première cigarette. Le moins de bruit possible, c'était là notre seul salut. Je me satisfaisais de cet état de chose et rien ne serait venu troubler ce rituel sans que, tous deux, nous en eussions notre journée gâchée. Tout résidait dans ce silence, dans cette extraordinaire fatigue qu'aurait procurée chez nous le désenchantement d'un mot, d'un simple mot. Nos matins succédaient si souvent à d’interminables soirées prises à débattre de tout, à nous anéantir d’argumentations vaillamment défendues, au coup par coup, dans un combat sans égal. Le silence de l’aube n’était, dans ces conditions, pas superflu.

 

par Lionel DEGOUY publié dans : Littérature communauté : Parlons d'amour
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Retour à la page d'accueil

Commentaires

.....ne pas être l'otage de la raison ..... mais il y a tant de raison ...... d'abord qu'estce que la raison ......
Fraternellement.
Jean.
commentaire n° : 1 posté par : balsatorus (site web) le: 10/02/2008 16:46:29

Trackbacks

Aucun trackback pour cet article

Publicité

Présentation

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

Rechercher

Derniers Commentaires

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Calendrier

Août 2008
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30 31
             
<< < > >>

Créer un Blog

 
annuaire de blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus