La prière peut tout. La prière veut tout. Elle veut l’amour, non pas la haine. Elle veut la paix, non pas la
guerre. Elle veut l’apaisement, non pas la douleur. Elle veut la compassion, non pas le jugement. La prière est amour, paix, douceur et attention. Tout autant que révérence et mansuétude. Il
n’est guère possible de douter de cela. Du moins l’expérience faite dans ce domaine prouve-t-elle que rien n’est impossible à Dieu. Celui qui croit comprend ce phénomène en ne doutant que très
rarement du bien fondé de cette affirmation première : oui, à l’instar de la prière, l’amour peut tout.
Encore faut-il y croire vraiment.
A cet effet, chacun fait l’expérience un jour, une minute, une seconde, de la réalité palpable de l’amour fou. Et s’il
est donné à l’immense majorité de faire mémoire, de temps à autres, de ce jour, de cette minute, de cette seconde d’amour, alors nous pouvons être certains que rien ne nous ébranlera
suffisamment pour mettre à bas nos singuliers espoirs d’amours éternelles. Au beau milieu de l’implacable agitation haineuse de tous ces dictateurs, de tous ces tortionnaires, nous conservons,
sans la moindre altérité possible, un fond d’humanité fort heureusement liée à notre foi en Dieu. Il est l’Alpha et l’Oméga de nos tristes destins, qui sans lui seraient incontestablement plus
misérables encore.
Il n’y a pas à espérer mieux que nos larmes pour nous soutenir, nous le savons. Et si le Seigneur des dieux ne nous donne
que les larmes comme rempart contre l’oppression, c’est que ces larmes peuvent le plus sûrement du monde nous mener tendrement vers des cieux toujours plus dégagés – et cela malgré notre
attachement profond aux cieux couverts dont nous savons avoir besoin pour ne pas nous laisser happer par une suffisante idée de nous-même.
Dieu donc est là.
Alors nous combattrons les larmes à la main. De
ces larmes incontrôlables tout autant que salvatrices. Salvatrices par la passion qu’elles signifient, par l’obligation qu’elles nous offrent de ne croire qu’en nos faiblesses pour nous sauver un
jour de tout ce dégradant mépris pour la beauté du cœur.
Derniers Commentaires