Mercredi 27 février 2008

Olivier Abel est membre du conseil consultatif national d'éthique. Il est professeur de philosophie à l'institut protestant de théologie de Paris.



               La société française semble apeurée, frileuse, et demande plus de sécurité. Il lui échappe peut-être que nous sommes dans un monde très dangereux, et que nous avons aujourd’hui moins besoin de sécurité que de courage, de capacité quotidienne à payer de notre personne. Je sais que j¹en parle à mon aise, et qu'il existe des quartiers difficiles, j'y ai passé moi même mon adolescence, il est vrai en des temps plus cléments. Mais il y a un électorat « rurbain », tranquillement installé dans les pantoufles de ses lotissements protégés, et qui crie au loup : je pense inutile de chercher à le sécuriser davantage.  Gageons d¹ailleurs que si nous envisagions avec plus de courage l¹avenir de nos enfants et celui du monde, nous n¹aurions pas si peur des effets de notre « après moi le déluge » général.
               Il y a pire : la société française est profondément chauvine, repliée sur elle-même, hérissée de petits conservatismes, attachée à son statu quo. Le slogan frontiste « la France, aimez la ou quittez la », dévoile involontairement le fond du problème : la France n¹est plus attractive, les expatriés du monde entier préfèrent aller en Allemagne, en Angleterre, ou aux USA. Si notre pays avait été capable d¹accueillir les artistes algériens qui cherchaient refuge, ou d¹attirer bientôt les intellectuels israéliens en exil, quel signe de vitalité ce serait ! L¹apparente question « il y a trop d¹immigrés » n'est que le masque de ressentiment de la question « plus personne ne nous aime, et ceux qui viennent chez nous ne le choisissent pas, ils le font juste de façon utilitaire ». Gageons que si les immigrés optaient pour la France avec enthousiasme, ils y seraient mieux accueillis. Mais comment voulez-vous qu¹ils « nous » aiment si nous ne nous aimons pas nous-mêmes, si nous n¹avons pas le début du commencement d¹un brin de confiance en nous ?
               C'est cela que je crains : que les nationalismes qui s'affichent çà et là n'apparaissent que comme des fanatismes, des rictus de confiance en soi, au moment où justement on n'y croit plus et pour pallier à cela. Je ne sais pas bien ce que nous préparons ainsi, mais je sais que la guerre est souvent au détour des chemins de l¹histoire, comme la seule issue parce qu¹on s¹est interdit tout le reste, et que la guerre n'a pas besoin d'ennemis pour organiser sa grande migration dans le néant. Tout ce que nous faisons ressemble à une préparation à la guerre. C¹est pourquoi je pense essentiel, tant qu¹il en est temps, de tenter de réinventer ensemble le politique, entendu comme la seule chose capable d¹entraver la guerre, de formuler les vrais conflits, d¹installer des compromis durables.
               Et pour cela, il y a un mot dont je me méfie comme de la peste, et qui doit au moins être pris avec de très grandes précautions : c'est celui de « résistance ». L'abus de ce terme le dévalorise, comme si nous étions toujours dans des situations d'exception où il fallait des actes et des caractères d'exception pour nous en tirer. Dans la bouche de tous ceux qui, bras croisés, dans la posture du spectateur, se contentent de dénoncer les insuffisances de la politique ordinaire et ne lèvent jamais le petit doigt pour soutenir la vie ordinaire des institutions civiles, je trouve cela du faux monnayage, de l'usurpation.
              Ce « politisme » est à la politique ce que le moralisme est à la morale, la morale de ceux qui prétendent ne pas faire de morale et se considèrent hors discussion. Ce fut longtemps le discours dit « politicien » de nos très carriéristes gestionnaires de la chose publique. Mais aujourd'hui, voter de façon protestataire et ensuite ne jamais se sentir quotidiennement concerné, politiquement impliqué par les résultats de son choix, manger en toute bonne conscience à tous les râteliers, tel est le carrefour géométrique de l'apolitisme, du consumérisme de gauche comme de droite qui bat aux portes de notre histoire, comme une nouvelle barbarie.

par Lionel DEGOUY publié dans : Société communauté : PARLONS FRANCHEMENT
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 26 février 2008
undefined
Douceur d'un évangile de paix pour tous,
petit bonheur de la vie la plus simple,
je dépose à tes pieds mon coeur.
par Lionel DEGOUY publié dans : Spiritualité communauté : PARLONS FRANCHEMENT
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 26 février 2008

         Il est certain que tout s’en va. Bien loin de nous. Jusqu’à l’amour, que l’on voudrait nous faire passer pour nécessairement, oui, nécessairement, précaire – il suffit, pour s’en convaincre, d’écouter Madame Parisot, Présidente du Medef : « l’amour est précaire, pourquoi le travail ne le serait-il pas aussi ? » Sans rire, nous avons donc à rappeler que l’amour n’est pas une marchandise et le travail une marchandise bien différente des autres marchandises.

            Il est clair que, dans ces conditions, promettre c’est mourir. Rêver, c’est être atteint de folie douce. Pourtant, rêver ne serait, en ces temps, pas mal venu. On peut même considérer que rien de véritablement sérieux ne pourra désormais se faire sans promesse directement issue de nos rêves. Mais de quoi rêvons-nous alors même que l’on veut à ce point faire appel à notre pragmatisme. Cet abominable pragmatisme.
            Ce dont nous rêvons, c’est de « tronc commun » d’études générales plus avancé – école obligatoire jusqu’à l’age de dix-huit ans. Ce dont nous rêvons c’est de retraite dès cinquante ans pour les maçons, les boulangers, les carreleurs et d’autres – de retraite à cinquante-cinq ans pour tous. Ce dont nous rêvons c’est de semaines de quatre jours ou de trente-deux heures. Ce dont nous rêvons c’est de huit semaines de congés payés. En clair, nous faisons de nos rêves les promesses de conditions de travail et de vie à la mesure des acquis de notre civilisation. Même si ce dont nous rêvons par-dessus tout, bien entendu, c’est d’amours éternels, de fleurs séchées au sein d’un livre souvent lu, souvent relu. Ce dont nous rêvons par-dessus tout c’est d’herbe grasse et de pommiers en fleurs. Cela pour reconstruire les bases d’une démocratie plus sûre d’elle. Plus belle, aussi.
            Pour maintenir tous nos espoirs, tel Camus, citons Pindare : « Ô mon âme, n’aspire pas à la vie immortelle, mais épuise le champ du possible. »
 
 
            « On me demandera si je suis prince ou législateur pour écrire sur la Politique ? Je réponds que non, et que c’est pour cela que j’écris sur la Politique. Si j’étais prince ou législateur, je ne perdrais pas mon temps à dire ce qu’il faut faire ; je le ferais, ou je me tairais. » C’est en ces termes que Jean-Jacques Rousseau s’exprimait dans le préambule du livre I du contrat social, en 1762. Le Politique, ici, se trouve à la bonne place ; à celle qui est la sienne : c'est-à-dire qu’il se situe partout où le rêve est possible.
            Alors il faut être rêveur pour véritablement penser ou repenser nos institutions ! Et le peuple est rêveur. C’est pourquoi, bien que par la force des choses il ait nécessairement les pieds sur terre, il ne faut pas se résigner à voir ce peuple ne jamais lever la tête et se mettre à rêver de jours meilleurs, d’amour de l’autre, d’espoirs réalisables.
            C’est le rêve seul qui pourra nous porter hors de nous-mêmes, au-delà de nous-mêmes. Dans le futur tout comme dans le présent. Le futur : de sombres perspectives en vérité, si nous n’y prenons garde ! Le présent : des dirigeants inaptes à regarder l’horizon, mais le bout de leurs chaussures. Des dirigeants inaptes aux rêves des autres, inaptes à nos rêves, inaptes même aux leurs. Inaptes à la salvatrice utopie, rendus malades qu’ils sont par ce sale mot de pragmatisme. Le pragmatisme : surtout ne rien brûler. Et surtout pas nos cœurs aux flammes de l’amour du prochain. Quand rêverons-nous d’amour si ce n’est en ces temps de décomposition, quand donc imaginera-t-on un autre monde possible pour chacun ? Un monde où les enfants ne disparaîtront plus sous les bombes ? Quand donc rêverons-nous enfin d’un monde meilleur, loin des calculs, de la bassesse de vue et de l’improbité intellectuelle ? Car, à la fin, ce sont des possibilités de rêves qu’on nous chaparde ! Et les bienfaits de l’utopie en tant que devenir possible.
 
 
            Or, il n’est nul besoin de s’observer longtemps pour constater que nous souffrons. Ici. Ici, nous souffrons. D’où peut bien nous venir cette angoisse ? Alors même que nous disposons à loisir – riches que nous sommes – de la mélancolie, des larmes de l’amour et d’un soleil qui chaque jour nous offre son déclin. Car la mélancolie, l’amour et le déclin sont pour nous des valeurs sûres tant elles sont aptes, ces valeurs, à nous sortir de l’angoisse, de la peur. Se sauver par les larmes. Par les larmes, oui. Se sauver dans la perte plus que dans l’orgueil ou la soi-disant victoire sur soi-même. En effet : « qui de vous, par ses inquiétudes, peut ajouter une seule coudée à la durée de sa vie ? » dit l’évangile selon Matthieu. Or, le pleur n’est plus inquiétude, le pleur n’est plus orgueil, le pleur n’est plus victoire mais perte salvatrice. Et c’est ainsi que nous nous trouvons au point où devient possible une véritable re-naissance. Re-naître. Voilà ce qui nous est nécessaire : ce soleil en déclin, annonciateur de renouveau. Oui, demain sera un autre jour.
 
 
            Voila bien un point sur lequel on ne peut revenir : s’il est une obligation, c’est celle de se battre sans discontinuer pour posséder la liberté d’imaginer pouvoir aimer sans fin, loin de l’idée que l’amour ou le bonheur n’ont qu’un temps.
            J’aurais cité Rousseau, Pindare, le Christ et c’est encore que je les citerai, c’est encore que j’en citerai d’autres. Les sujets ne manquent pas : l’utopie, le rêve, la foi en des lendemains radieux pour nos frères et nous-mêmes, l’incommensurable – j’ai bien dit l’incommensurable – douleur du monde. Il nous faut donc tout discuter, tout reconstruire, pour que demain devienne vraiment un autre jour : revenir à l’essentiel par la chaleur et l’innocence des larmes de notre enfance. Car, à la vérité, les cœurs de pierre n’existent pas. Puisqu’il y a l’amour que nous avons reçu du ciel et des jeunes filles en fleurs.
 
 
            Et si l’amour n’était pas précaire ?
par Lionel DEGOUY publié dans : Société communauté : PARLONS FRANCHEMENT
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Mardi 26 février 2008
Olivier Abel est membre du conseil consultatif national d'éthique. Il est professeur de philosophie à l'institut protestant de théologie de Paris.



J'ai longtemps cru que c'était moi. On me disait « tu ne sais pas dire non », et même si ce n'est pas très exact, je dois reconnaître que j'ai une sorte de foi intime dans la faculté de dire oui à tout en même temps, d'augmenter la densité des existences, l'imbrication mutuelle de leurs rythmes. J'ai cru ensuite que c'était parce que j'étais protestant, un perfectionniste, une sorte de libre-travailleur dont toute la vie devrait se passer à rendre grâce, à équilibrer par la masse superflues des actions de grâces l'infime et éblouissant « trou noir » de la grâce ! Puis j'ai pensé que c'était parce que j¹étais parisien, pris dans les obligations mirobolantes d'une société de cour et le vertige de ses trop nombreuses opportunités. Enfin je me suis simplement dit que c'était parce que j'étais un intellectuel, dont le métier consiste à tisser inlassablement la langue commune, à répéter les mêmes mots selon toutes les connexions possibles, ce qui fait beaucoup.
Maintenant je ne crois plus rien de tout cela : dans tous les milieux, dans tous les métiers, je rencontre des sujets à la limite de la surcharge, incapables de supporter le nombre de « demandes » auxquelles ils doivent répondre. Incapables de soutenir à eux seuls autant de connexions. Nous sommes comme ces joueurs placés dans un jeu virtuel où, ayant réussi à renvoyer correctement une balle, on vous en envoie trois, huit, quinze : on se fend en quatre, on y arrive, on s¹améliore, mais soudain non, c¹est vraiment pas possible, on craque, on ne peut plus. Nous  ne parvenons plus à comprendre ce qui nous arrive ni à sentir ce que nous faisons. C¹est ainsi que nos contemporains « disjonctent » de temps en temps, un par un, sans parvenir à s'arrêter, et tranquillement à s'arrêter ensemble.
Cela s'est passé doucement. Nous avons déployé la liberté de choisir nos combinaisons, nos conditions. Puis nous avons compris que cette liberté déterminait une augmentation extraordinaire de la responsabilité, et nous avons célébré l'avènement de l'individu responsable, capable de s¹impliquer en même temps dans plusieurs jeux, de se plier simultanément de lui-même au plaisir et à l¹excellence de plusieurs règles. Alors nous avons compris que cette liberté pouvait être angoissante, et que cette responsabilité pouvait être épuisante. C'est bien là quelque chose comme le rythme intime de notre découragement général.
Mais je pense désormais que ce qui nous arrive est plus grave que cela. Car le découragement est simplement humain, et il fait partie du courage. Or ici nous avons affaire, nous le sentons physiquement, à quelque chose qui est probablement inhumain. Le processus d'ouverture généralisée des communications entre toutes les entités capable de recevoir et d¹émettre (personnes privées, institutions de toutes sortes, médias, musées, bibliothèques, laboratoires, entreprises, administrations, etc.), à l¹échelle de la planète entière, ne peut plus prétendre promouvoir l'humanisme, la gentillesse de l'échange ni la communication sans entrave qui n'exclurait personne.
C'est un processus communicationnel d'essence technologique et connectique, qui est en train de prendre son Développement (c'est le nom que l'on donne à la chose) tout seul et de manière autonome par rapport à tous les intérêts de l'humanité. C'est un processus qui a commencé à pousser au détriment de la vie, des vertébrés, des mammifères et des humains pour libérer peu à peu sa complexification (sa faculté de tenir compte du maximum d'éléments de l'environnement et d'obliger le maximum d'éléments de tenir compte de lui), de gré ou de force. C'est un processus inhumain, qui a déjà commencé à abandonner comme inutile une partie de l'humanité (le quart monde de la misère), et une partie de nos corps (remodelage des sexes et de la génération, télécommunications et techniques d'identification implantées dans le corps, neurosciences, etc.). Ce processus « manage » peu à peu la forme de nos sociétés et de nos existences, pour préparer ceux d¹entre nous qui pourront encore lui servir à quitter une condition terrestre d¹avance condamnée.
Certes un intellectuel parisien et protestant a quelque raison de sentir physiquement la contrainte de ce processus, qui a déjà rétabli dans presque tous les métiers l'antique dualité du maître et de l¹esclave. Mais un entrepreneur bouddhiste ou une paysanne brésilienne éprouvent la même accélération, et soudain le même doute. Mais pour qui, pour quoi travaillons nous, nous agitons-nous, nous forçons nous ainsi ? On croit parfois identifier le tyran, le coupable de cette mortelle pression. Ce peut-être le marché, l'argent, l'audimat, l'État, Dieu, un patron, un conjoint, le futur, le passé, que sais-je ? On rompt avec lui, on le jette le plus loin possible. Et rien n'a vraiment changé. Nous sommes tous subjugués par ce joueur de flûte qui nous entraîne où nous ne savons pas, nous avons seulement eu le temps de comprendre que cet inhumain-là n'est pas Dieu.
par Lionel DEGOUY publié dans : Religion communauté : De rêves en passions
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 25 février 2008
undefined
Peinture de Josée van Lierop
par Lionel DEGOUY publié dans : Art communauté : Parlons d'amour
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 25 février 2008
On peut être ou ne pas être en faveur de l’entrée de la Turquie dans l’union européenne. On peut aussi y être indifférent. Mais force est de constater que cette éventuelle entrée de la Turquie dans l’union soulève de nombreuses et très intéressantes questions, telles que celles-ci – la liste n’est en rien exhaustive : l’Europe a-t-elle vocation à devenir un « club chrétien » ? Qu’est-ce que la laïcité ? Qu’est-ce que l’occident ? L’orient ? L’islam ? Le christianisme ? Où voulons-nous situer nos frontières ? Où, d’ailleurs, la Turquie se situe-t-elle dans ce flot de questions, dans ce flot de frontières ? Où se glisse-t-elle dans l’idée encore à la mode de « choc des civilisations » ? On le voit, il ne sera pas possible de traiter ici l’ensemble des questions posées. Mais il faut bien commencer.
J’ai retrouvé un entretien que Alain Finkielkraut avait accordé au « Midi-libre », voici de cela deux ans : entre l’islam et l’occident il existe, et là je cite : « une guerre de principe ». D’où il découle nécessairement ce fameux « choc des civilisations ». Ici, pourtant, beaucoup ne voient que bien trop réellement les conséquences d'un choc des incultures. Ici beaucoup ne voient que ce qu'il est convenu d'appeler un « communautarisme des différences » au dépend d'un pourtant nécessaire « communautarisme des ressemblances ». Car nous étions, nous sommes nombreux à n'imaginer que difficilement la pertinence d'une analyse qui puisse encore être à ce point dualiste. Voilà pourtant ce que disait Monsieur Finkielkraut le 20 Juillet 2002. De principes. Une guerre. On méditera. Notamment sur le besoin, c'est toujours d'époque, de se rassurer à l'idée de pouvoir mettre enfin un nom à l'ennemi. Mais aussi hélas des visages et des moeurs. Alors, s'il est bien réel qu'est grand le désarroi dans lequel nous sommes, grandes les interrogations et difficile de cerner parfois ce à quoi il nous faut être utile, il ne saurait être question de remettre en cause l'obligation que nous avons de nous opposer à tout dangereux manichéisme, à toute réflexion facile, à toute analyse atteinte d'étrange cécité.
En ces moments de larmes et de hurlements, il faut dire nos ressemblances et nos désirs de paix. Tant la paix ne naît jamais que du désir de paix. On croit rêver d'avoir à le rappeler, et on en rirait presque. Mais souvenez-vous : « une guerre de principe ». C’est indubitablement pathétique. Quoiqu'il en soit, il est certain qu'avec un tel raisonnement, on ne peut s'étonner des suites alarmantes qui on été données en réponse au déjà trop fameux 11 septembre 2001. En effet n'est-ce pas ici, par exemple, la rencontre de l'obscurantisme le plus glacial et d'un amas de bêtises insondable – qui, soit dit en passant, se définit lui-même comme « le plus fort avec les plus grosbras » - qui pose problème, bien plus qu'un hypothétique « choc des civilisations » occidentales et musulmanes ? D'ailleurs, de nouveau, qu'est-ce donc que « l'occident » ? Et « l'islam » ? Et quel étrange endroit où situer la fracture et à ce point faire fi de tant d'acquis communs, partagés. Dans la guerre ou dans la paix. Et depuis si longtemps. Quel didactisme en effet dans la définition de ce que nous sommes, de ce qu'est l'autre !
Une autre citation s’impose : il ne faut pas laisser « l’océan de l’islam se glisser dans le lit de la laïcité ». Cette citation est de notre premier ministre, Jean-Pierre Raffarin. L’océan serait-il constitué des millions de musulmans qui peuplent l’Europe ? Si cela était le cas nous serions face à un réel problème. A moins que nous n’abandonnions certaines de nos valeurs les plus fondamentales telles que la liberté, l’égalité, la fraternité.
par Lionel DEGOUY publié dans : Société communauté : Parlons d'amour
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Lundi 25 février 2008

          Malgré la lassitude qui submerge un peu mon esprit de temps à autres, je ne baisserai jamais la garde. Je ne courberai pas l’échine, je ne ploierai pas sous le fardeau que l’on veut avec obstination nous faire porter : jamais je ne laisserai passer l’injustice, où quelle soit. La dernière fois que je ne me suis plus senti capable de pleurer – ce qui est la forme ultime du combat – ou plus la force de m’opposer par les mots, j’ai vécu les pires moments de mon existence. Fort heureusement les pleurs chez moi sont fréquents, et la révolte régulière. Ainsi, qu’elle que soit le moyen utilisé, l’action reste toujours possible. A ces deux choses – les larmes ou le désarroi de la colère – s’ajoute la prière. C’est sur elle que je m’appuie pour ne pas blesser les gens par la violence verbale et physique que déclanchaient chez moi, il y a déjà longtemps, le racisme, la xénophobie, le rejet des plus pauvres, les guerres infanticides.
          Oui, les combats ne manquent pas plus aujourd’hui qu’hier, mais j’ai décidé un jour de ne pas mettre une claque, une simple claque, au lepéniste de service, qui est toujours plus ou moins présent dans une assemblée. Je prie pour lui. Ceci dit, une patate par-ci par-là de temps en temps…ça démange. Mon Dieu, Seigneur, que ça soulagerait !!! Juste une. Promis. C’est l’éternel déchirement qui s’opère en moi : me convertir un peu plus de jour en jour, trouver chaque jour un peu plus la paix, et l’autre solution étant, je l’ai dit, la bonne vieille correction et la colère qui tue à feu doux chacun de ceux qui se révoltent contre l’injustice sous toutes ses formes.
          Si l’on écarte la violence pour des raisons idéologique et logique, il ne reste que les pleurs et la prière. Mais ces deux choses sont des « grâces », des dons, des « talents ». Le Christ, entre autre, nous montre une autre voix, en supplément : la faiblesse volontaire, l’abandon de soi, le don gratuit de soi. En clair, un certain laissé aller pour certains, une débandade pour d’autres.
           Quoi qu’il en soit en pleurant, en priant, et en m’abandonnant, en faisant confiance, je suis certain d’éviter la violence qui ne résout rien. Je garde ainsi ce que j’ai de plus cher : mon indépendance totale envers toute forme de pensée restrictive et activiste. J’ai choisi de contempler le monde. Et puis d’écrire aussi. Mon désarroi.

 

par Lionel DEGOUY publié dans : Humeur communauté : Parlons d'amour
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 25 février 2008
Olivier Abel est membre du conseil consultatif national d'éthique. Il est professeur de philosophie à l'institut protestant de théologie.



            Quelle référence religieuse pour l’Europe ? Aucune. C’est le résultat vers lequel nous nous acheminons, et moi je trouve cela magnifique, presque enthousiasmant ! Ce n¹est pas seulement cette ambiance nuit du 4 août où nous renonçons délibérément et tous ensemble à nos attachements privilégiés, c’est un geste théologiquement plus profond encore. Car l’image d’une absence de fondation ressemble à celle d’un vide central, qui est le geste fondamental de la démocratie, depuis les réformes de Clisthène dans l’Athènes antique jusqu’à la philosophie politique contemporaine qui cherche à penser la démocratie contre les totalitarismes. Dans le drapeau européen, il n’y a rien au centre, sinon le renoncement simultané de tous à se prétendre au centre ou au sommet : il n’y a rien que l’équidistance à une interrogation, à reformuler sans cesse ensemble. C’est donc là un geste superbe, mais il évoque lui-même le vieux geste monothéiste, l’absence de représentation de Dieu. Or que l’on fasse ainsi cercle autour d’un vide central, d’une absence trop importante, c’est sans doute le plus bel hommage que le Christianisme puisse recevoir. Car ne nous y trompons pas, c’est bien le christianisme qui est comme interdit de nomination. Massivement, historiquement, c’est lui, avec toutes ses hérésies, ses contradictions, ses institutions, ses sagesses et ses folies, ses schismes et ses guerres, ses chefs d’oeuvres et son iconoclasme, ses libertins puérils et ses pionniers puritains, son amour du vin et du porc, c’est lui la culture refoulée dans le silence.
Les craintes engendrées par le nouvel islam ne sont que de frêles paravents qui cachent mal le refoulement de cette part de nous-mêmes désormais considérée comme honteuse sinon maudite. L’Europe veut bien nommer l’héritage de Rome ou des Lumières, qui ne sont pourtant pas sans avoir produit eux aussi des monstres, mais pas le ou plutôt les christianismes, dont les effets historiques sont tellement immenses qu’on ne les aperçoit même pas tellement on est dedans. Il y a pourtant deux choses qui me mettent mal à l’aise dans cette figure. La première c’est justement que nos démocraties, dans leur toute puissante douceur, sont en passe d’obtenir ce que le communisme n’avait pas réussi : la conservation des patrimoines religieux mis en quelque sorte sous cloche, avec leurs folkloriques croyants, comme on protègerait des réserves d’indiens réduits au mutisme. Non pas que l’on ait besoin du retour d’un religieux qui prétendrait sauver notre société en perte de repères. On entend ce discours chez les protestants américains qui veulent évangéliser l’Europe, chez des orthodoxes qui veulent la sauver du matérialisme, chez des musulmans qui lui reprochent sa débauche, chez d’importants personnages de la hiérarchie catholique romaine. On l’entend même chez des républicains « bon teint » qui estiment qu’il n’y a plus de morale.
Mais notre Europe méthodiquement désorientée n’est pas tellement matérialiste ni débauchée. La question est ailleurs. Qu’on le veuille ou non, chaque tradition religieuse comporte un régime spécifique d’autorité et de pouvoir, qui en fait un véritable laboratoire politique du futur. Il faut d’ailleurs remarquer que les pouvoirs publics sont très seuls avec certains débats, dès que ceux-ci dépassent la gestion technique : ils manquent d’interlocuteurs qui n’aient ni ambitions ni timidités politiques. Or, contrairement à ce qu¹on croit, les institutions religieuses n’interviennent pas comme de simples groupes de pression. En fonctionnant selon leur propre régime d’autorité, elles aident à formuler des débats, en s’appuyant sur une histoire qui les rend capables de véhiculer de la perplexité, d’élaborer des problématiques, de formuler des désaccords internes. C’est pourquoi je ne souhaite pas que nous soumettions l’ensemble des institutions religieuses au crible des principes démocratiques : pour certaines Eglises ce serait ruineux. Simplement nous ne pouvons pas donner à l’une ou l’autre d’entre elles un statut à part, privilégier un régime religieux d’autorité, alors que c’est leur confrontation qui est inventive. La sécularisation pluraliste dont nous avons besoin, contre les poussées d’inculture religieuse indurées, devrait faire davantage confiance aux religions, comme à quelque chose d’ouvert, de créatif, et d’inachevé. Sans oublier que la théologie est la plus sérieuse discipline de critique des religions que je connaisse - les fidèles des différentes confessions sont souvent parmi les derniers bastions de l’esprit critique.
Et puis, si nous sommes dans une société pluraliste, c’est bien plus par le long travail du pluralisme religieux que par celui du pluralisme des Etats ou du marché ! Nous avons dû pour cela renoncer à ce mythe double que si nous avions tous le même Dieu nous serions enfin réconciliés, ou (mais c’est au fond la même idée) que si enfin nous étions complètement débarrassés des Dieux nous serions réconciliés. Ce que cette illusion comporte de plus puéril, c'est de croire à la possibilité de débarrasser les sociétés de toute conflictualité. La deuxième chose qui me gêne dans cette absence de référence religieuse, justement, c’est que du coup il n’y a plus de discussion possible. Et comme le remarquait le philosophe Husserl, comment critiquer les résultats si nous oublions les intentions initiales ? Nous aurions ainsi, dans cette fondation absente, un fondement absolument indiscutable ! Or je pense que politiquement cette posture n’offre pas de point d’appui suffisamment concret au débat, à la nécessaire confrontation des traditions dans leur pluralité, dans leur vivacité inachevée. Car l’Europe provient de mille sources, et il faut libérer ces différents héritages, les faire entrer dans une intrigue polycentrique, et renoncer à l’idée qu’il y aurait un seul grand récit commun : l’histoire européenne est une intrigue à plusieurs foyers. Le geste du renoncement simultané devrait ici faire place à celui de la co-fondation.
Si l’on veut s’installer dans une tranquille confrontation, il nous faut davantage nommer concrètement « les » traditions qui participent de la multiplicité des héritages formateurs de l’Europe, non seulement dans le passé mais aussi en l’ouvrant au futur. Pour l’Europe, aucune référence religieuse, ni catholique, ni protestante, ni orthodoxe, ni juive, ni musulmane, ni aucune autre, aucune référence philosophique ni tradition, que ce soit celle des Lumières ni du Romantisme, de la Renaissance ni du classicisme, de l’Antiquité romaine ni grecque, ne saurait être mise au centre. Mais l’Europe qui s’invente peut fait mémoire de tous ces commencements et recommencements, de toutes ces promesses non tenues. Elle devra les confronter et se réinventer sans cesse à partir de tous ces apports.
par Lionel DEGOUY publié dans : Société communauté : Parlons d'amour
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 25 février 2008
Longtemps les Hommes m'ont dégoûtés. Je me suis cru souvent dans l'obligation de les imiter. Et je les ai imités. Désormais c'est fini : je veux ma mort quand je n'aime plus. Je ne veux plus mourir du rien qui submerge trop souvent nos idylles, et depuis trop longtemps, sans que plus rien ne les empêche d'être mortelles, sans que rien ne leur donne raison. La folie n'est plus notre lot et nous disparaissons du manque de déraison d'amour. Les curés s'en réjouissent. Et les pasteurs, aussi. Les banquiers, les psychiatres, les journalistes, les politiques ; tout le monde s'en réjouis, surtout l'enfer.
            Que faut-il faire pour étouffer le flot toujours plus menaçant de l'inaction des âmes et de leur mort ? Combattre à coup de folles amours les insensés qui de toutes parts surgissent à nos émois, et nous les volent pour les anéantir.
            De la folie d'amour, qu'est-ce qu'on a fait ? Cette fadeur qui nous étouffe et qui nous tue. Il faut que cela cesse. Il nous faut vivre éternellement la grâce et ne plus avoir peur. Toujours être pour l'autre ce que l'on est vraiment. Ne pas dire non, jamais. Et puis s'abandonner, brûler de tous les feux ; à en mourir. Et en mourir. De l'énergie qui en découle créer le beau. Sans concession, s'abandonner à l'autre. Émouvoir la nature au point de la faire suffoquer peut-être.
            Car enfin, pourquoi donc on s'obstine à dire que l'on ne s'aime pas ? C'est quoi ce besoin de pleurer seul, cette peur ? C'est le mystère.
            On meurt des temps figés, des questions inutiles, des engagements faciles. Mais rien n'empêchera jamais les méchants d'être méchants, la bête immonde d’être à certains vitale, le malsain d'être immuable. L'arme absolue ne combat plus que l'innocence et, pacifiés, nous sommes l'agneau face au couteau.
            C'est la mélancolie qui nous sauvera, un jour, tout à la fin, de tout ce miasme incohérent et sans visage, de cette horreur qui fait pleurer, de cette souffrance. C'est de cette paix qu'il nous faut, le coeur attendri de soi-même et des autres, de cet appel où tout s'effondre pour renaître.
 
            C’est comme une révolte, comme un orage une nuit d’été, comme des larmes retenues et essuyées au bord de l’œil, comme une colère rentrée : rien n’a changé, tout est resté. Tout s’est enraciné, là, bien fermement, dans une terre durcie par le soleil. Ce soleil qui pourtant nous donne aussi l’amour, les fleurs et l’arc-en-ciel des vraies couleurs du monde. Des vraies lumières du monde. Lumières éternelles de nos espoirs, de nos esprits, de nos talents. Arc-en-ciel de larmes et de soleil que l’on voudrait voir faire tous les miracles dont il est capable.
            Nous serons toujours forts de nos pleurs. C’est de ces pleurs que vient la renaissance possible de nos amours bafoués, la solidité de notre foi en l’Homme, de nos espoirs les plus fous. André Breton écrivait dans Arcane 17 : « aimer d'abord, il sera toujours temps, ensuite, de s'interroger sur ce qu'on aime ». Puis il décrivait la forme unique que  pouvait prendre la réalisation du rêve auquel il aspirait : « le mystérieux, l'improbable, l'unique, le confondant et l'indubitable amour ». C'est ainsi qu'il parlait du magique instant de la rencontre. C'est ainsi qu'il parlait aussi pour moi du formidable don de Dieu. En particulier de l'une des formes que prend parfois le don de Dieu : du don foudroyant qui entre, presque avec violence parfois, au plus profond de nos fausses tranquillités et de notre assurance pleine d'orgueil. Un don qui sans cesse peut renommer l'Amour et peut le voir de nouveau paraître évident, incontournable, inévitable même. Ainsi, que le surréalisme nous soit contemporain ou non, on sait qu'il est de fort bon ton de ne plus croire en rien et que toutes les idéologies se meurent. Aimer l'Amour à mort est une folie, aimer l'Amour tout simplement est imbécile : voilà ce que l'on entend, voila ce sur quoi tout est sensé se fonder, se construire.
 
            Matérialisme et pragmatisme : voila bien le nerf de la guerre. Puisque c’est désormais partout la guerre. Pour combler le besoin de pragmatisme de certains dirigeants. Leurs besoins d’inaptes à la folie tout autant qu’à l’amour. Inapte à dessiner des traits autres que droits, inaptes aux lignes courbes. Inaptes aussi à la compréhension de la complexité de l’âme humaine, à la compréhension de la complexité des flots d’amour, que peut toujours porter cette âme, de ses capacités à désirer autre chose que les cloisonnements primaires dans lesquels on voudrait l’enfermer. Citons André Breton, toujours : « Chère imagination, ce que j’aime surtout en toi, c’est que tu ne pardonnes pas. Le seul mot de liberté est tout ce qui m’exalte encore. Je le crois propre à entretenir, indéfiniment, le vieux fanatisme humain. Il répond sans doute à ma seule aspiration légitime. Parmi tant de disgrâces dont nous héritons, il faut bien reconnaître que la plus grande liberté d’esprit nous est laissée. A nous de ne pas en mésuser gravement. Réduire l’imagination à l’esclavage, quand bien même il y irait de ce qu’on appelle grossièrement le bonheur, c’est se dérober à tout ce qu’on trouve, au fond de soi, de justice suprême. La seule imagination me rend compte de ce qui peut-être, et c’est assez pour lever un peu le terrible interdit ; assez aussi pour que je m’abandonne à elle sans crainte de me tromper (comme si l’on pouvait se tromper davantage) ». Plus loin : « le surréalisme, tel que je l’envisage, déclare assez notre non-conformisme absolu pour qu’il ne puisse être question de le traduire, au procès du monde réel, comme témoin à décharge. Il ne saurait, au contraire, justifier que de l’état complet de distraction auquel nous espérons bien parvenir ici-bas. […] Cet été les roses sont bleues ; le bois c’est du verre. La terre drapée dans sa verdure me fait aussi peu d’effet qu’un revenant. C’est vivre et cesser de vivre qui sont des solutions imaginaires. L’existence est ailleurs ». Cet homme aura décidément tout dit de notre modernité, dès 1924. Il ne fut pas le seul à prendre au corps la folie de la première guerre mondiale, de ce massacre organisé. Que rajouter à tout cela ? Si ce n’est démontrer l’actualité de ces propos. Pour cela, c’est à nous de lancer l’offensive des utopies, des idéologies.
 
            C’est dans ce cadre que je veux tout à la fois exprimer, sans y parvenir jamais pleinement, une révolte saine tout autant qu’une sagesse nécessaire à l’élaboration de plans d’avenir, de perspectives possibles. De rêve à réaliser. Car il est possible de réaliser nos rêves. Nous en avons, nous, les moyens. Or, ce que l’on attend de nous, peuples autochtones, c’est de ne plus rêver. Ne plus rêver d’amours immortelles, ne plus se souvenir de nos belles années, celles où nous étions jeunes et forcement surréalistes. Et l’on ose désormais nous opposer le pragmatisme, clef de voûtes des discours de l’ensemble de nos dirigeants : il faut être pragmatique. Alors que nous n’avons que faire d’une réalité qui soit monolithique, puisque la réalité n’est pas monolithique, et nous n’avons que faire du pragmatisme qui ne peut qu’étouffer nos vies, malmener nos espoirs, dilapider froidement toute réelle probité intellectuelle. Ce que nous devons imposer, au demeurant, c’est l’utopie. Une utopie de l’amour du prochain, du respect de l’autre ; une utopie facteur de développement d’une humanitude toujours plus digne. Car j’ai connu la misère, le désespoir, la décadence de l’Homme riche à foison. J’ai connu l’absurdité, l’internement psychiatrique, la pauvreté réelle. J’ai vu l’Homme. Et puis j’ai constaté soudain que l’on pouvait mieux faire. Que l’Homme pouvait mieux faire. Cela m’a rendu bien mélancolique de tout ces espoirs vaincus, tout cet amour bafoué, tout ce silence rompu par des phrases assassines, par des actions de haine. Alors même que les Hommes de paix sont légion. Alors que nous nous aimons. Oui, nous nous aimons. Tout le reste n’est que mauvais détournement de ce qui reste l’acte premier : l’Amour.
par Lionel DEGOUY publié dans : Errance communauté : De rêves en passions
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Dimanche 24 février 2008
            Dan l’évangile, Jésus t’assure que, par ton inquiétude, tu ne peux rien. Â toi de consentir à tes propres limites, à tes fragilités.
            Pourquoi t’attarder a ce qui fait mal, et en toi-même, et dans les autres ?
            Tu connais la parole d’un des premiers témoins du Christ : « si notre cœur venait à nous condamner, Dieu est plus grand que notre cœur ».
            Jésus le Christ ne t’invite pas au repliement sur toi, mais bien à une humble repentance du cœur. Et que signifie-t-elle ? Elle est cet élan de confiance par lequel tu jettes en lui tes fautes ? Et te voilà dégagé, et même libéré, pour vivre intensément le moment présent, jamais découragé parce que toujours pardonné.
            Peut-être te dis-tu : «  ce n’est pas possible » ?

            Le Christ t’offre toujours à nouveau sa compassion. Et tu saisiras que, même éprouvée, ta vie est tissée par les fils de son pardon.

par Lionel DEGOUY publié dans : Spiritualité communauté : Parlons d'amour
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander

Publicité

Présentation

Syndication

  • Feed RSS 2.0
  • Feed ATOM 1.0
  • Feed RSS 2.0

Rechercher

Derniers Commentaires

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Créer un Blog

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus